L’Assemblée Générale a été suivie d’une conférence intitulée « Les Enjeux et perspectives de la distribution des magazines spécialisés » et d’un cocktail au cours duquel Jean-Louis REDON, Président de la Commission Vente et Diffusion de la FNPS et Président du SPMS a prononcé un discours qui reprend brièvement des éléments de la conférence sur la vente au numéro :

Mes chers amis éditeurs du SPMS, chers dirigeants des coopératives, des messageries, des organisations de marchands de journaux et de dépositaires, chers représentants des pouvoirs publics,

Comme vous le savez, la FNPS représente 1698 publications et 446 sociétés d’édition. C’est la Presse de la Connaissance, du Savoir et de l’Emploi.

Le SPMS que j’ai l’honneur de présider est l’un des 7 syndicats de la FNPS. Il rassemble quant à lui 140 titres qui sont principalement diffusés par les messageries.

C’est la raison pour laquelle je préside aussi la commission vente et distribution de la FNPS, ce qui va me permettre de vous exposer rapidement les quelques points qui paraissent essentiels à notre Fédération de la Presse Spécialisée.

Je ne vais pas vous surprendre en vous disant que la période est difficile pour la presse vendue au numéro !

Les ventes sont en chute, et les marchands spécialistes sont en difficulté. Presstalis a frôlé la catastrophe financière, et il a fallu nous infliger une purge sévère qui engage éditeurs et pouvoirs publics sur le long terme, avec la promesse d’adapter la loi Bichet.

Mais la solution qui est envisagée par la mission confiée à Marc Schwartz est de remplacer cette fameuse loi Bichet par une loi libérale, donnant en réalité le pouvoir de décision aux sociétés de distribution, avec en remplacement du statut coopératif obligatoire, un « droit des titres CPPAP à être distribués par des sociétés agréées par l’ARCEP ».

Abandon du principe de solidarité coopérative, fixation des tarifs par les seules sociétés de messagerie, développement tous azimuts de points de vente sans protection des marchands spécialisés qui seuls peuvent présenter 1500 références à leurs lecteurs… un libéralisme à tout crin risque bien de bouleverser pour longtemps l’équilibre fragile des éditeurs et des marchands.

Pour ne prendre qu’un exemple, nous entendons déjà évoquer des projets totalement en rupture avec le passé, comme le développement de points de vente spécifiques à une messagerie, ou l’abandon des principes d’assortiment tels que les avaient définis l’autorité de la concurrence et le CSMP, les remplaçant par des accords de gré à gré avec les enseignes de la grande distribution.

Nous sommes bien loin de la solidarité inter coopérative, et risquons tout simplement de nous voir imposer par les majors la loi du chacun pour soi.

Soixante ans de loi Bichet ont permis cette magnifique expansion de la presse magazine en France. Il est vrai qu’il y a eu quelques dérives ces derniers temps, avec la fixation de barèmes qui ne couvraient plus les coûts ou les conditions particulières que se sont accordés certains au détriment de la collectivité.

Ces dérives ont mené Presstalis au bord du gouffre et il faut absolument les corriger. Mais jeter le bébé avec l’eau du bain, pour permettre à quelques grands groupes de négocier de meilleures conditions nous semble vraiment hors de proportion.

Nous sommes persuadés qu’il est possible de modifier quelques articles de la loi, et de confier la régulation à une autorité plus sévère pour résoudre ces problèmes. C’est le sens de la contribution que la FNPS a remise à la DGMIC à la mi-septembre.

Je ne vais pas vous ennuyer plus longtemps, mais reprendre ce que disait Montesquieu : « Il est quelquefois nécessaire de changer certaines lois. Mais le cas est rare, et lorsqu’il arrive, il n’y faut y toucher que d’une main tremblante. » Je vous remercie.