Pour la première fois, la définition de la « presse d’information politique et générale » va faire son entrée dans la loi générale. Jusqu’ici, elle ne figurait que dans des textes réglementaires ou fiscaux, elle sera dans la nouvelle loi Bichet sur la vente de presse au numéro.

Or, cette notion a vieilli en ne s’étant pas adaptée aux nouvelles contraintes de la presse sous toutes ses formes.

La révolution numérique a complètement changé la donne au regard des critères de l’IPG que sont : « les informations et commentaires tendant à éclairer le jugement des citoyens », et la notion de plus en plus incertaine de la « catégorie de lecteurs » qui conduit à exclure les titres spécialisés.

De récentes décisions de la Commission Paritaire ont illustré la difficulté de concilier un texte devenu un carcan réglementaire face aux demandes de tous les éditeurs de presse, y compris ceux bénéficiaires de l’IPG.

Comment peut-on raisonnablement aujourd’hui, et l’actualité la plus immédiate est, hélas, illustrative de cette situation, considérer que les thématiques verticales, traitées à la fois par la presse généraliste et la presse spécialisée, ne contribuent pas à « éclairer le jugement du citoyen » et ne dépassent pas « une catégorie de lecteurs » ? Comment peut-on traiter différemment du point de vue réglementaire, une thématique identique, parfois abordée par le même journaliste, sous le seul prétexte qu’elle est publiée dans des titres de presse différents s’adressant à des publics différents ? Un lecteur de presse n’est-il pas toujours un citoyen ?

Des sujets consacrés à la consommation, la santé, l’éducation, la qualité alimentaire, l’architecture, le droit, la protection du patrimoine, les conditions de travail, les arts, le pouvoir d’achat ou la sécurité routière (et la liste est loin d’être exhaustive) sont forcément en prise directe avec les préoccupations de l’ensemble des citoyens qui ne sont pas forcément plus éclairés par des comptes-rendus d’assemblée générale de clubs de foot ou de conseils municipaux consacrés à l’entretien des lampadaires.

Il est temps pour le législateur de redéfinir des critères objectifs et équitables d’attribution des aides publiques à l’ensemble de la presse concourant à éclairer le jugement des citoyens. La plupart des titres de la presse spécialisée et professionnelle en fait partie. Il serait temps que les pouvoirs publics en prennent acte !