Mardi 12 juin 2018, Charles Vallée nous a quitté succombant à une violente attaque cérébrale.

Toute sa carrière, Charles l’a menée sous le prisme de l’intérêt général et des valeurs du Droit. Né en 1939 à Rennes, il exerce tôt son autorité naturelle comme maître d’internat au collège technique de Laval tout en menant des études doctorales qui le conduiront jusqu’à l’agrégation de droit public. Il enseigne à Paris-X et Paris-V, à l’Université de Metz puis à celle de Rouen ; plus tard à Dauphine.

On est en 1982 quand il rejoint pour six ans l’Ecole nationale d’administration en tant que directeur des études où il fut appelé par Simon Nora et poursuivit son action auprès de Roger Fauroux. Une époque charnière qui vit l’école s’ouvrir sur l’extérieur avec notamment la création du controversé troisième concours. Cette responsabilité lui a conféré une stature au sein de la haute fonction publique dont les membres, au-delà des élèves des neuf promotions qu’il avait côtoyées, lui étaient redevables du travail de modernisation qu’il avait contribué à mettre en œuvre. Quant à lui, il les regardait avec une part d’admiration et de satisfaction du travail accompli.

Son implication dans l’édition commence en 1972 alors qu’il devient pour dix ans secrétaire de la rédaction de la “Revue générale de droit international public”. Ayant quitté l’ENA, devenu directeur des affaires générales, internationales et de la coopération au ministère de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports, il y crée alors la “Lettre d’Information Juridique” qui existe toujours. Mais les choses sérieuses débutent en septembre 1991 alors qu’il prend la présidence direction générale des Editions Dalloz-Sirey. Il accompagnera les développements de l’éditeur aux marques prestigieuses pendant plus de 25 ans ; du Groupe de la Cité aux Editions Lefebvre Sarrut en passant par Havas SA, Vivendi et Lagardère, mais surtout du support imprimé omniprésent aux services en ligne incontournables. Infatigable, il avait créé en 2012 le Cercle Dalloz afin de contribuer au partage et à la diffusion des savoirs et des expériences juridiques.

Un an après son arrivée à la présidence de Dalloz, Charles rejoint le comité directeur du SPEJP dont il est vice-président à deux reprises avant d’en assumer la présidence de 2002 à 2009. Il en était président d’honneur. Il siégera également au Syndicat national de la presse médicale et des professions de santé (SNPM) et fut premier vice-président de la Fédération Nationale de la Presse d’information Spécialisée (FNPS) jusqu’en juin 2017. Membre actif de la commission juridique tout au long de ces années, il en était le vice-président et c’est en cette qualité qu’il finalisa ces dernières semaines le modèle de Charte déontologique. Il fut également président de la commission sociale du Syndicat national de l’édition (SNE). Il était également membre de la CPPAP.

Fine lame humoristique, Charles avait une façon bien à lui de prendre la parole. Tel un sage, il se désaxait légèrement en posant son bras droit sur la table afin de s’ouvrir à ses interlocuteurs, créant ainsi un espace de convivialité qu’il emplissait d’une voix posée, pleine de savoir et de connaissance ; de références illustres et de précisions essentielles. Esprit juste, il avait le droit en excellence et l’autorité naturelle qui sied aux professeurs d’Université.

Prompt à défendre la collectivité du Droit et des éditeurs, Charles était un homme de confiance et d’efficacité qui a beaucoup contribué à la FNPS.