Une fois n’est pas coutume, une bonne nouvelle est venue de Bruxelles avec l’annonce officielle par les ministres des Finances de l’Union Européenne de la possible application des taux réduits de TVA sur les publications en ligne. C’est une avancée considérable pour l’ensemble des éditeurs des pays membres, y compris pour la France qui avait pris les devants dès 2014 en anticipant une évolution inéluctable. Cette décision lève à la fois les incertitudes juridiques qui pesaient sur le régime français susceptible d’une remise en cause au niveau communautaire, et ne peut qu’inciter les éditeurs à renforcer leur développement numérique.

C’est ici l’enjeu essentiel de cette mesure prise par les dirigeants de l’UE qui ont constaté l’impossibilité de confiner les éditeurs de presse dans un carcan fiscal devenu obsolète. Raison de plus pour la presse spécialisée de miser sans retenue sur une inéluctable évolution qui caractérise l’ensemble des éditeurs, toutes catégories confondues.

À l’heure où les nouvelles générations ne peuvent se passer de leur smartphone qui leur donne accès en permanence à toutes les informations qu’ils désirent pour un coût devenu dérisoire, il serait suicidaire de ne pas tout mettre en œuvre pour participer à cette mutation irréversible. Avant qu’il ne soit trop tard, il revient aux éditeurs de définir, si ce n’est déjà fait, une ambitieuse stratégie de conquête digitale, sans laquelle leur avenir sera incertain.

Il appartient également aux pouvoirs publics d’accompagner les entreprises dans une démarche indispensable à leur survie. Cependant, le projet de Loi de Finances pour 2019 en discussion au Parlement acte une baisse d’un tiers de l’aide publique à l’investissement dans le cadre du Fonds stratégique pour le développement de la presse (FSDP) consécutif au redéploiement de 9 M€ de crédits au profit de la vente au numéro et plus précisément de Presstalis.

La FNPS conteste ce choix et demande à ce que ce prélèvement budgétaire soit, à minima, imputé à part égale entre le FSDP et l’aide au portage. Il serait en effet paradoxal que l’innovation que porte le FSDP soit la victime collatérale d’un sauvetage de la distribution papier alors que le portage qui concurrence directement les points de vente de presse en serait exonéré.