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Une fois n’est pas coutume, l’ensemble des organisations professionnelles et salariales du vaste monde de la Culture ont fait plume commune pour soutenir la proposition de loi déposée par la sénatrice Laure DARCOS, qui instaure une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle.

Il faut espérer que cette proposition prospérera jusqu’à son adoption par le législateur, le « pillage » systématique des œuvres de l’esprit par les entreprises de la « tech » sévissant depuis trop longtemps, au détriment des entreprises de création culturelle, artistique, journalistique, littéraire et bien d’autres sans aucune compensation financière.

Il appartiendra bien évidemment à la représentation nationale de mesurer l’enjeu civilisationnel, éducatif et moral de la mise en place d’une législation robuste susceptible de garantir les intérêts d’un secteur-clé de notre société, du quotidien régional au magazine de décoration, du recueil juridique à l’hebdomadaire de cinéma, du bulletin philosophique au mensuel technique, sans oublier les publications destinées à la jeunesse, dont le rôle devient indispensable face à l’invasion des écrans.

C’est pourquoi la belle unanimité doit se traduire en actions décisives face aux puissants lobbies qui ne manqueront pas, à Paris comme à Bruxelles, de développer leurs arguments en faveur de la totale liberté d’utilisation des contenus protégés.

Les organisations professionnelles de la presse ont déjà fait savoir à la « tech » française la plus emblématique, « Mistral AI », que la géniale idée de « prestation compensatoire » sans verser de droits d’auteur n’est pas recevable, ce qui ne signifie pas qu’une autre voie de compréhension mutuelle ne puisse aboutir à des relations équilibrées.

À condition d’un soutien gouvernemental convaincu de la nécessité d’une construction juridique solide et équilibrée, loin des proclamations ministérielles qui craignent « un risque juridique dévastateur » ainsi qu’un « coup d’arrêt à la souveraineté numérique » ! Le développement d’une économie numérique démocratique et équitable ne doit pas céder aux sirènes de partisans du vide juridique tellement pratique. Et pour finir, cette citation attribuée (c’est selon) à LACORDAIRE ou à Karl MARX : « la morale de la liberté du renard dans le poulailler n’est pas acceptable ».