À l’heure de la priorité de l’action sur le temps de la réflexion, le moment est venu pour la presse de faire valoir les griefs et arguments susceptibles de « nourrir » les programmes des candidats, que l’on annonce nombreux, à l’élection présidentielle de l’an prochain.
Et les sujets ne manquent pas pour alerter les prétendants à l’Elysée sur la situation aujourd’hui très dégradée qui conduit les entreprises de presse à nourrir de plus en plus fréquemment les rubriques des licenciements et des dépôts de bilan, dans l’indifférence partagée de l’opinion et des pouvoirs publics. Une situation qui devrait pourtant motiver chaque prétendant à construire un solide projet de décisions devenues indispensables à toutes les formes de presse.
L’évènement n’a pas passionné les foules, ni d’ailleurs les journalistes, mais le congrès de la « World Association of Newspapers », qui s’est tenu le mois dernier à Marseille a mis en relief les contradictions entre les éditeurs des plus grands journaux de la planète comme ceux des publications de moindre notoriété face aux « géants de la tech » à qui les plus hautes autorités de l’État ne manquent jamais une occasion de dérouler le tapis rouge.
Juste un exemple pour ne pas surcharger un débat qui s’annonce crucial. Varun SHETTY, « vice-président Media Partnership d’OpenAI » a benoitement expliqué que les « robots d’exploration » de sa société ont pour objet de permettre aux éditeurs de presse, ces professionnels d’un autre temps, de « prendre des décisions éclairées ». Ouf ! Enfin une solution pour la presse de sortir de l’obscurantisme dont elle fait encore preuve aujourd’hui. Face à cette arrogance inconsciente -on l’espère-, retenons plutôt les propos de la député Céline CALVEZ dans son rapport « Comment l’intelligence artificielle transforme notre éducation et notre culture » : « Les contenus de presse sont massivement « moissonnés » en ligne par les fournisseurs de modèles et système d’IA ».
Il est vraiment temps de lancer une action méthodique et collective de la presse pour que les politiques prennent conscience de l’enjeu que représente sa bonne santé pour l’avenir de la société. Car comme l’a très justement souligné ce passage d’une Encyclique du pape Leon XIV, unanimement saluée sur la planète : « la concentration du pouvoir informationnel des plateformes numériques domine les récits et les comportements ».
Et pour la campagne présidentielle, n’oublions jamais le cynisme de Georges Clémenceau : « On ne ment jamais autant qu’avant les élections ».

